(En français plus bas).
This year Susanne Césaire Roussi would celebrate her 100th birthday. These are two of the pictures one can find when googling Susanne Césaire.

I really like the second one. She looks so elegant and so full of peaceful determination. So self-confident. So deeply Martiniquaise. I am not surprised that Andre Breton said she was « Belle comme la flamme du punch », Beautiful as flame of punch. Beautiful and dangerous. Susanne Césaire spent most of her life in the shadow of her husband, the father of « negritude » and writer of “Cahier d’un retour au pays natal” (see the first picture where I discovered that she was taller than him). But let not put Susanne in the shade today. She is the subject of this post as a surrealist writer, a philosopher engrained in the Caribbean reality of her time. In the journal « Tropique » that she created with Cesaire, Maugée and Menil,  she wrote: « Loin de contredire, ou d’atténuer, ou de dériver notre sentiment révolutionnaire de la vie, le surréalisme l’épaule. Il alimente en nous une force impatiente, entretenant sans fin l’armée massive des négations. » (Trying to translate : « Far from denying or fading or diverting our revolutionary feeling, Surrealism helps it. It feeds us with an impatient strength, it nourishes endlessly this massive army of negations »). She found in surrealism the best weapon to describe, with poesy, the Caribbean nature and the complexity of the Caribbean reality.

With literature Susanne Césaire rejected doudouism which presented the French Caribbean as an exotic paradise of laziness. She deeply understood that being mixed have to be something. Something different, revealing our own pluralities. She was convinced that Caribbean don’t have to choice between one side or the other of their mixed origins but invent their own way of being. She participated in defining a Martiniquan’s literature, an original product mixed of what we are, by rejecting the mimicry of European literature, and by rejecting the nothing but African advocated at this time. She was a pure Caribbean human being, « aux quatre races et aux douzaines de sang » (« with four races and dozen of bloods »). She examined our past and criticized her present in order to help untangling and defining the Caribbean identity. She was aware that answering to the question “who we are” is a necessary step before the « where are  we going ». Politically engaged, Susanne Césaire took the risk to say no to shadow at a time Martinique was occupied by the Vichy government during the world warII.

I can easily imagine her, smoking Royal Navy in the city of Petit-Clamart where she lived during one of her stay in France, as her daughter described. Susanne Roussi was a feminist. She entered the famous Ecole Normale Surperieure at a time when women were at home, raising children and talking about clothes. She divorced at a time when women felt as a social duty to stay for the sake of society and man or with the excuse of children. She was from my view a true free woman. The kind of woman I truly admire.

« Ici les poètes sentent chavirer leur tête, et humant les odeurs fraîches des ravins, ils s’emparent de la gerbe des îles, ils écoutent le bruit de l’eau autour d’elles, ils voient s’aviver les flammes tropicales non plus aux balisiers, aux gerberas, aux hibiscus, aux bougainvilliers, aux flamboyants, mais aux faims, aux peurs, aux haines, à la férocité qui brûlent dans les creux des mornes.
C’est ainsi que l’incendie de la Caraïbe souffle ses vapeurs silencieuses, aveuglantes pour les seuls yeux qui savent voir… « . Suzanne Césaire, Tropiques, 1945


Version française : Susanne Césaire Roussi et nos identités Susanne Césaire Roussi aurait célébré son 100ème anniversaire cette année. Des deux photos que l’on trouve d’elle communément sur google, la seconde est ma préférée. Elle y est si élégante et pleine de douce détermination. Tellement sure d’elle-même. Tellement martiniquaise. Je ne suis pas surprise qu’André Breton ait dit d’elle qu’elle était « Belle comme la flamme du punch ». Belle et dangereuse. Susanne Césaire passa pourtant le plus clair de sa vie dans l’ombre de son époux, le père de la négritude et du « cahier d’un retour au pays natal » (voir la première photo où l’on réalise qu’elle le dépasse d’une tête). Mais ne faisons pas d’ombre à Susanne aujourd’hui. Elle est l’objet de ce post en tant qu’écrivaine surréaliste, que philosophe enracinée dans la réalité caribéenne de son époque. Dans le journal Tropique qu’elle cofonda avec Césaire, Maugée and Menil,  elle écrivit : « Loin de contredire, ou d’atténuer, ou de dériver notre sentiment révolutionnaire de la vie, le surréalisme l’épaule. Il alimente en nous une force impatiente, entretenant sans fin l’armée massive des négations. ».

Elle trouva dans le surréalisme une arme de choix pour décrire en poésie la nature caribéenne et la complexe réalité de l’existence caribéenne. Avec la littérature, Susanne Césaire rejeta le doudouisme qui présentait les Antilles comme un paradis exotique pour paresseux. Elle eu une compréhension entière du fait du métissage. Elle comprit que notre NOUS devait être quelque chose de différent, révélant nos pluralités ; Elle fut convaincue que les métisses caribéens n’avaient pas à choisir entre un côté ou l’autre de leurs origines mais bel et bien inventer leur propre existence. Elle participa à la construction de la littérature caribéenne, une littérature originale et hybride à l’image de la culture caribéenne, en rejetant l’assimilationisme européen et le tout africain prôné à l’époque. Elle fut une pure caribéenne, « aux quatre races et aux douzaines de sang ». Elle examina notre passé et critiqua son présent dans le but de démêler et de définir notre identité plurielle. Elle fut consciente que la question du « qui somme nous » est essentielle à la définition du « où allons-nous ». Engagée politiquement, elle pris le risque de dire « non à l’ombre » dans une Martinique occupée par le gouvernement de Vichy.

Je l’imagine sans peine, fumant des Royal navy comme décrivit sa fille, dans la ville de Petit-Clamart ou elle résida. Susanne Roussi fut féministe. Elle intégra l’ENS à une époque où les femmes se contentaient d’élever les enfants et de parler chiffons. Elle divorça dans un temps où les femmes se sentaient obliger de rester par obligation sociale ou sous prétexte des enfants. Elle était à mon sens une femme libre. Le genre de femme que j’admire profondément.  « Ici les poètes sentent chavirer leur tête, et humant les odeurs fraîches des ravins, ils s’emparent de la gerbe des îles, ils écoutent le bruit de l’eau autour d’elles, ils voient s’aviver les flammes tropicales non plus aux balisiers, aux gerberas, aux hibiscus, aux bougainvilliers, aux flamboyants, mais aux faims, aux peurs, aux haines, à la férocité qui brûlent dans les creux des mornes. C’est ainsi que l’incendie de la Caraïbe souffle ses vapeurs silencieuses, aveuglantes pour les seuls yeux qui savent voir… « . Suzanne Césaire, Tropiques, 1945

Sources:
http://next.liberation.fr/livres/2009/04/23/suzanne-l-aimee-de-cesaire_5542267
 http://www.unionfemmesmartinique.com/?article-1185-suzanne-roussi-cesaire-une-pionniere-meconnue
 https://fr.wikipedia.org/wiki/Suzanne_C%C3%A9saire
 http://repeatingislands.com/2009/08/11/suzanne-cesaire-1915-1966/
 http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/cesaire_suzanne.html
 http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/cesaire_suzanne.html
 http://repeatingislands.com/2009/04/25/le-grand-camouflage-gathers-suzanne-cesaire%E2%80%99s-essays/
 http://www.africultures.com/php/?nav=article&no=8660
 Le grand camouflage. Suzanne Césaire. éditeur : Editions du Seuil, 2009
Pictures:
 //repeatingislands.files.wordpress.com/2009/08/suzanne-cesaire.jpg; //pbs.twimg.com/media/CC4gEghW0AA_nhm.jpg
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