Lafcadio Hearn, écrivain journaliste fut un des premiers explorateurs « moderne » qui, après Labat et du Tertre, laissa des écrits naturalistes et ethnologiques romancés sur son voyage aux Antilles à la fin du 19ème siècle.

Une petite merveille d’un point de vue naturaliste et sociologique, si l’on fait abstraction des considérations « ethniques » propres à l’époque qui émaillent le roman. Ceci étant dit, il est important de noter qu’à l’époque il n’était ni honteux ni criminel d’appeler un noir un noir. Il n’y avait pas de black ou d’homme de couleur, seulement des nègres et des négresses à la peau sapotille des enfants aux joues brunes et veloutées…

La nature omniprésente, souvent écrasante, les couleurs, les odeurs y sont décrites avec précision, exaltation, amour, étonnement, surprise et saisissement. Avec une (petite) pointe de fierté je reprends ici quelques unes des impressions qu’a laissées la petite île à ce voyageur. Avec un petit pincement au cœur, je ne peux m’empêcher de me demander ce que devient cette petite langue de terre aujourd’hui.

« Nous avons débarqué à Saint-Pierre, la plus bizarre, la plus amusante, et cependant la plus jolie des villes des Antilles françaises » (…) » on entend partout le murmure bruyant de l’eau (…) » « partout coule l’eau de la montagne, fraîche et claire (…) » « Du pittoresque et de la couleur : voilà les charmes particuliers et incomparables de Saint-Pierre »

« Ce qui se déploie devant vous ne saurait être ni peint ni chanté, car il n’y a nulle subtilité d’art ou de paroles qui puisse le refléter. La nature réalise nos idéals les plus élevés de beauté… »

« …ici, nous ne considérons que les œuvres de la Nature, mais de la Nature dans toute sa puissance primitive comme à l’aube légendaire de la terre. »

« Dans ces latitudes tropicales, la nuit ne tombe pas (…) elle paraît plutôt s’élever du sol comme une exhalaison (…) »

« (…) un pays où le charme indescriptible de la Nature ensorcelle les âmes errantes comme la caresse d’une brise »;

«(…) la brise était trop délicieuse. Elle semblait remplie de quelque chose de vivifiant qui réchauffait le sang, et me pénétrait de contentement et du désir de croire que la vie est pleine de douceur »(…)

SOURCES :

Lafcadio Hearn, « Aux vents Caraïbes » Edition Hoebeke, collection Etonnants voyageurs. ré-Edition mai 2004

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